J’ai toujours eu ce côté maternel en moi, cet instinct protecteur, celui qui te fait passer un enfant avant toi.

Depuis que je suis maman, c’est une évidence: je suis faite pour ça. Mes bras sont faits pour câliner, mes mains pour caresser, ma bouche pour embrasser ce petit cou tout chaud. Je n’aime pas ça, j’adore.

 

J’ai eu une période, quand j’avais une dizaine d’années, où je ne voulais pas avoir d’enfants. Je disais que j’allais les frapper.

C’est une période où j’avais beaucoup de colère en moi, et je la répercutais sur mes poupées, en leur faisant traverser ma chambre par les airs. Evidemment, j’ai vite retrouvé la raison et depuis mes 17-18 ans, je rêvais d’avoir un enfant.

Ce n’était pas seulement une envie, mais un besoin. J’avais besoin de construire ma famille jeune, je ne pouvais pas attendre. Il m’a quand même fallu rencontrer « le bon » avant de pouvoir sauter le pas, et lui faire ouvrir les yeux sur le fait que ce n’est jamais vraiment « le bon moment », celui qu’on attend tous.

 

A mes yeux, avoir un enfant jeune n’a que des avantages: on est en meilleure forme (normalement), on sera toujours jeune quand ils seront plus vieux, et surtout, je ne vois pas la logique dans le fait de faire sa carrière AVANT d’avoir des enfants, puisqu’on la mettra sur pause ensuite. Alors qu’en ayant eu ma fille à 21 ans, j’ai encore de belles années pour profiter d’elle ET devenir qui j’ai envie d’être, avec elle, avec ma famille.

 

Ses premiers n’ont pas été faciles du tout, et même si elle a été pus que désirée, je pense que je n’étais pas préparée au choc que la naissance implique. Rajoutez à ça une belle dépression post partum, un allaitement foiré, un bébé très nerveux et qui dort VRAIMENT peu, et vous aurez mon état d’esprit des 6 premiers mois.

J’ai l’impression que notre relation a changé quand elle s’est approchée de sa première année. Je ne saurais pas dire quoi, mais j’ai l’impression de l’aimer plus fort encore, de vivre des moments de complicité, elle est plus câline, et je sais ce qu’elle a quand elle chouine.

Je n’ai plus peur de sortir seule avec elle, j’aime bien même, me dire qu’on passe un moment toutes les deux, et en cas de crise, j’arriverai bien à gérer.

 

Le questionnement principal de cet article se situe ici (oui, vous avez lu tout ça pour rien) (de rien): la maman poule en moi veut bien entendu d’autres enfants. 2, 3, on verra, mais d’autres, c’est certain. J’ai tellement aimé être enceinte, ce ventre rond, ces petits coups. J’imagine que ce sera encore plus fort pour le prochain, car je sais exactement ce qui se cache dedans, je sais à quoi m’attendre, je sais comment ce sera. Et donc, je serais plus détendue.

Le hic, en plus de ne pas être le « bon moment » (tu sais, celui qui ne vient jamais), c’est que j’ai peur que l’arrivée d’un autre bébé ne gâche cette si belle relation que j’ai avec ma poupée. J’ai peur de ne plus avoir assez de temps pour elle, de lui crier dessus quand je serais épuisée parce que « t’es la plus grande, c’est à toi de te calmer » alors que non, c’est moi qui devrait être plus calme. Mais j’ai peur aussi de ne pas aimer un autre bébé autant qu’elle. Je sais que ce sera différent, c’est normal, mais est-ce que ce sera aussi fort? Est-ce que j’arriverai à mettre ma fille de côté le temps de donner le sein, d’endormir le bébé? Est-ce que j’accepterai de la « rejeter » pour que ce bébé ait aussi la chance d’avoir une maman concentrée sur lui uniquement?

Bref, il n’est pas encore là ni même prévu, mais tout se bouscule dans ma tête: et si finalement, avoir un autre enfant, ce que j’ai toujours voulu, venait remettre ce bel équilibre en question, pour quelque chose de moins beau?