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Enceinte, j'étais bizarre

Le 27 avril 2014, 10:57 dans Famille 0

Avant, dans le temps, jadis ... bref, quand tu n'étais pas maman, tu parlais avec des mots connus de tous. Bizarrement, en tombant enceinte, on est comme envoûtée par l'esprit Mobizar. Pas la peine de nier, on est toutes dans le même cas.

 

La première fois qu'une copine enceinte t'a parlé comme ça, t'as fait la grimace.

Quand ton gynéco a utilisé ces mots-là, tu es restée con. La seconde d'après tu dégainais ton portable pour faire une recherche sur Wikipédia (ou Doctissimo, c'est selon).

Et à la fin, tu as totalement accepté d'être bizarre, et tu as rejoins un forum où on utilise encore d'autres expressions inédites.

 

 

Pour toi, j'ai fait un top 10 des expressions bizarres qu'on entend pendant la grossesse

 

 


 

 

Nulli et primi: c'est quoi ça? J'en sais rien moi, ce que je suis. J'avais l'impression d'être prête, mais j'arrive même pas à remplir mon dossier pour la maternité.

 

Aménorrhées: J'ai-jamais-entendu-ça. Ok, j'ai mes règles depuis 10 ans, ok je pense bien connaître mon corps, ok je connais quelques mots bizarres utiles dans la vie d'une femme (coupe menstruelle, épilation), mais celui-là, je ne l'avais jamais entendu.

Attention, ce mot implique un calcul intense (cf point suivant)

 

Le calcul des semaines de grossesse: L'élément qui, même après avoir accouché, reste un mystère. Pendant, tu arrivais à peu près à t'en sortir, mais il fallait noter quelque part la semaine en cours. Mais... semaine de grossesse ou semaine d'aménorrhées? Mois révolu ou mois en cours?

 

Lochies: Tu savais plus ou moins ce qui t'attendais après l'accouchement, le corps qui se remet en place, le retour de couches... Tu ignorais par contre cette étape.

 

Périnée: Tu étais au courant qu'il était proche de ta culotte, intime même, mais tu ne connaissais ni sa fonction, ni son aide précieuse. C'est quand il a été hors d'usage que tu as réalisé.

 

Bouchon muqueux: Aucune idée que tu avais ça, quelque part, dans ton corps. C'est quand tu as tapé "pertes bizarres grossesse" sur Google que Dr Doctissimo t'a informée. Puis tu es allée voir sur Google images, et depuis, tu fais des cauchemars.

 

Colostrum: Dans ta petite tête ignorante de nullipare (cf point 1), tu imaginais que tu allais avoir ta montée de lait et c'était parti pour 6 mois. Sauf que non. Avant ça, bien avant même (encore enceinte, en fait) tu as pu expérimenter les coussinets d'allaitement, et vivre la merveilleuse expérience du réveil-dans-des-draps-trempés.

 

Méconium: Tu n'avais jamais imaginé que la première couche sale allait être aussi attendue qu'Angelina Jolie sur le tapis rouge.

 

 

On va finir avec LES deux expressions qui te feront reconnaître à coup sûr un forum de futures mamans:

 

BB1 (s'applique aussi à BB2, BB3 et plus)

 

Gygy (petit surnom attribué à l'explorateur de ton intimité)

 

 

Toi aussi, maintenant que tu connais tout ça, tu te la pètes devant tes copines enceintes en sortant le max de mots bizarres?

Des expressions à rajouter?

 

 

Laurie, primipare

Connasse Power

Le 21 avril 2014, 12:25 dans Famille 0

Avant, j'étais une connasse. Mais ça, c'était avant (j'espère).

 

Même si on n'aime pas ça et qu'on critique les gens qui le font, on passe notre temps à juger les autres. Consciemment ou pas.

Je faisais partie de cette catégorie de personnes qui juge et s'indigne qu'on la juge.

Ça s'applique à tout ce qu'on fait, mais je vais me limiter à l'évolution de mon point de vue nullipare / primipare (ça fait déjà beaucoup, crois-moi).

 

 


 

 

Quand je voyais un enfant pleurer dans un magasin, je me disais que sa mère ne savait pas le tenir, ne lui tenait pas tête et ne pouvait rien lui refuser. C'était devenu un petit capricieux qui faisait sa loi.

Il ne me venait pas à l'esprit que le gamin pouvait pleurer justement parce que sa mère n'avait pas cédé.

 

Quand je lisais des articles sur des parents qui dormaient avec leur bébé parce qu'ils n'arrivaient pas à le coucher dans sa chambre, je pensais qu'ils n'étaient pas assez fermes. Je me disais que l'éducation se fait le plus tôt possible, et que si on commence à céder aux caprices de son enfant, on est un peu foutu pour la suite.

Je ne me suis jamais dit, avant d'être maman, qu'un nouveau-né ne fait pas de caprice, et qu'un bébé a besoin de contact pour être rassuré, après neuf mois passés dans le ventre de sa mère.

 

Quand je voyais des mamans prendre leur enfant dans les bras quand il pleurait, je pensais qu'elles étaient faibles. Résister aux pleurs, c'est pas sorcier, surtout quand on sait qu'il ne pleure pas de douleur mais juste par besoin.

Depuis que ma crevette est là, chaque pleur me tord le ventre, je sais quand je peux la laisser "s'exprimer" et quand elle a vraiment besoin de moi (oui, un câlin est un besoin).

 

Je trouvais que les femmes qui ne voulaient pas retourner travailler pour s'occuper de leur bébé étaient envahissantes, elles pouvaient bien le lâcher un peu.

Quand je pense que ça va bientôt être mon tour et qu'il faudra la laisser à quelqu'un, j'en suis malade.

 

Lorsque je voyais des femmes donner le biberon, je pensais qu'elles n'étaient pas mères à part entière, qu'une femme est faite pour nourrir son enfant.

Je n'ai jamais imaginé qu'elles avaient peut-être eu des difficultés, une maladie, un manque d'aide...

 

Je me disais que les femmes qui s'oubliaient, qui restaient en survet' avec un chouchou dans les cheveux ne faisaient pas d'effort pour se plaire et plaire à leurs maris.

Au final, aujourd'hui, j'ai un sweat, un legging et des chaussettes en pilou (trouées).

 

 

 

Je m'en veux d'avoir été cette fille qui juge, qui regarde de travers et critique celles qui n'ont pas suivi mon modèle imaginaire. Je suis sûre qu'en croisant mon regard, elles ont dû se dire "attends ma vieille, quand ce sera ton tour, je vais bien rigoler".

Et elles avaient raison.

 

 

 

Laurie, ex juge-connasse

Le partage

Le 17 avril 2014, 11:52 dans Famille 0

Ma fille, c'est mon bébé. Non, je la refais: MA fille, c'est MON bébé (et un peu celui du papa aussi). Depuis qu'elle est née elle a besoin de beaucoup d'attention et de contact, c'est mon petit greffon.

 

Donner le biberon est compliqué.

L'endormir est compliqué.

 

Elle mange en 4 ou 5 fois avec des pauses de pleurs entre chaque, et elle s'endort soit allongée en mangeant, soit dans le porte-bébé. Quand on lui donne son biberon dans nos bras, elle se tortille, bouge la tête et pleure. Il y a des moments où il faut lui donner allongée, d'autres où elle le prendra mieux semi-assise.

 

Ces moments-là, on est les seuls à les repérer. Le pleur de douleur, celui de fatigue ou celui qui a besoin de s'exprimer, on sait les reconnaître. Nous, ses parents.

 

 


 

Je sais bien que toutes les mamans pensent qu'elles sont les seules à bien savoir s'occuper de leur bébé, et c'est normal, c'est la vérité. Mais quand je vois qu'elle a ses rituels, mais qu'en même temps, rien n'est jamais pareil, je me dis qu'il faudrait une semaine d'explication pour qu'une personne autre que nous s'en occupe (correctement, je veux dire).

 

 

Même avec la famille, c'est difficile. Ils arrivent, s'installent, veulent la prendre. Je sais qu'ils ont eu des enfants, mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'ils ne savent pas faire. Pas avec la mienne.

Du coup, ça me plombe le moral et je suis sur la défensive.

 

- T'as mauvaise mine, t'es fatiguée?

- J'avais prévu de dormir en fait, mais bon vous êtes venus...

 

Sans compter qu'ils veulent TOUS la prendre et que par miracle c'est le seul moment où elle dort. On a enfin réussi à créer un petit rythme, des habitudes qui lui vont bien, et tout ce monde, ce changement de bras et d'horaires, ça fout tout en l'air.

 

J'envie ces mamans qui sont heureuses de trouver LA nounou que son enfant adore. Je ne peux pas. Au contraire, j'espère que ma fille hurlera dès qu'elle sera avec la nounou.

Je m'explique: à raison de 7 heures de travail par jour, ton bébé, ton trésor, la chair de ta chair passe environ 8 heures avec une autre que toi. C'est la seule qu'il voit, celle qui l'éveille, qui verra son évolution, ses progrès, ses premiers rires, ses premiers pas... Toi tu arrives, tu donnes le bain, le biberon et au lit jusqu'au lendemain, où ça recommence.

 

Le truc, c'est que je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur qu'elle l'aime plus que moi, qu'elle la prenne pour sa maman, puisqu'elle la verra plus que moi. On me répondra certainement qu'un bébé sait reconnaître sa mère, je ne suis pas convaincue.

 

 

Pendant ma grossesse, je me disais que deux mois d'arrêt étaient suffisants. Puis comme je ne vais pas reprendre dans le même domaine, j'ai étendu à six mois. On en est à quatre, et ça me tord le bide de penser à laisser ma fille, à ne plus la voir toute la journée, à ne plus être la seule.

 

C'est mon bébé, c'est à moi de m'en occuper.

 

Oui mais voilà, mes états d'âme ne vont pas émouvoir mon proprio ni ma banquière. Les loyers, les factures et le crédit de la voiture ne vont pas se solder tout seuls.

Je commence à m'intéresser aux offres d'emploi, à m'imaginer dans des postes différents, à rapporter un deuxième salaire qui nous ferait mieux vivre. Ça me plait, je m'y vois. Et d'un coup, je réalise ce que ça implique: laisser mon petit bout.

Je ne suis pas carriériste, je ne me sens pas vieille ménagère déprimée en restant à la maison, je n'ai pas besoin de travailler pour être épanouie.

La crèche, j'aimerai mieux. Ce n'est pas une "mère de substitution". Elle y est inscrite mais je n'espère pas trop. Les places sont chères et réservées bien plus tôt que la mienne.

 

 

Il faut faire des efforts, accepter de la partager. Je ne sais pas si j'y arriverai. En attendant, je profite d'être encore la seule.

 

 

Laurie, fusionnelle

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