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Attentats: Laisser la vie suivre son cours

Le 16 novembre 2015, 10:26 dans Famille 1

Ce week end, je devais être à Paris. Je ne devais rentrer que dimanche soir à minuit, alors j'avais dit à la nounou que je garderai ma fille lundi, pour profiter d'elle.
Je ne suis pas à Paris, mais elle est avec moi aujourd'hui, et je la respire autant que possible.

La question n'est pas "je devais y être, vous vous rendez compte, ça aurait pu être moi". Depuis vendredi, quand on a appris les attentats, je lis beaucoup de statuts de ce genre et je les trouve parfois déplacés: oui vous auriez pu y être mais vous n'y étiez pas. Pensez à ceux qui y étaient vraiment, à leur famille, ce n'est pas le moment de vous faire remarquer, vous allez bien!
Non, la question pour moi, c'était plutôt: est-ce que je continue ma vie comme s'il ne s'était rien passé ou est-ce que je profite un peu plus des miens. Ça ne veut pas dire se laisser gagner par la peur, ça veut dire profiter un peu plus d'être ensemble, en étant conscients qu'on a de la chance, et que c'est là le plus important. Tant pis si l'appartement n'est pas rangé, tant pis si la machine n'a pas tourné, si le jean que je voulais mettre à une tâche, si on mange du chocolat à 18h, c'est pas grave si on a regardé 3 films aujourd'hui, que le frigo est vide, tant que nos cœurs sont remplis.
calin maman bébé
Ce week end, j'ai profité de ma famille. On a fait beaucoup de câlins et de bisous, on a gardé notre fille endormie un peu plus longtemps avec nous, on est sortis se promener et voir des chevaux, on a regardé des films ensemble, on a mangé des hamburgers et des frites, deux fois, on a passé la journée en pyjama, on a ri. Que des choses simples, en somme, mais qui prennent une sacrée valeur dès qu'on mesure notre chance.
J'ai dit "je t'aime", j'ai répondu à mes amis qui se demandaient si j'étais quand même à Paris ou non, j'ai été profondément touchée par cette fraternité que l'on a ressenti, comme après Charlie.

Parfois, si j'y pense trop, une vague d'angoisse monte: et si ça arrivait ici? Si on avait décidé de sortir en amoureux pendant que notre fille est chez la nounou, et qu'on se retrouvait otages, ou pire, morts. Que deviendrait-elle? Qui serait là pour la consoler? Qui pourrait même la consoler de ne pas nous voir rentrer?
Et si ça arrivait alors qu'on est avec elle? Comment la protéger de ces horreurs? Comment être assez forte pour résister à des armes de guerre et être capable de la mettre à l'abri?

parc chevaux
La question n'est pas "si", mais "quand".
Depuis hier, on sait que la France a attaqué la Syrie. Ils vont riposter, même sans ça ils auraient continué je pense. Comment voulez-vous combattre des gens qui de toute façon vont gagner: soit ils arrivent à finir leur mission sain et sauf, soit ils se font exploser fièrement.
J'en ai assez de voir des gens prendre parti et y aller chacun de ses petits conseils. On ne connaît qu'une infime partie de l'histoire. Non ce n'est pas la première fois qu'on bombarde la Syrie, non si vous étiez président tout ça ne serait pas réglé si vite que vous le pensez. Non, il ne suffit pas de tous les abattre pour en finir. Vous en tuez 1, 10 veulent prendre sa place. C'est un honneur pour eux que de mourir en martyr.
Je ne peux pas me réjouir à l'idée de bombarder chez eux pour se défendre: ce que Paris a vécu, d'autres civils vont le vivre. N'oublions pas non plus que Paris n'est pas non plus la seule ville à vivre la terreur en ce moment, pensez au Liban, mais pensez aussi à tous ces pays qui sont en guerre continuellement, et pour qui aucun hashtag ne rend hommage.

Honnêtement, je ne sais pas comment on pourra les combattre, alors en attendant faisons tout ce qu'ils aimeraient nous empêcher de faire: buvons sans modération si on en a envie, dansons, chantons, faisons l'amour hors mariage (ok, même si vous êtes mariés vous pouvez), mettons des bikinis, rions, vivons.

Les envies contraires

Le 18 juillet 2015, 15:44 dans Famille 0

J’ai toujours eu ce côté maternel en moi, cet instinct protecteur, celui qui te fait passer un enfant avant toi.

Depuis que je suis maman, c’est une évidence: je suis faite pour ça. Mes bras sont faits pour câliner, mes mains pour caresser, ma bouche pour embrasser ce petit cou tout chaud. Je n’aime pas ça, j’adore.

 

J’ai eu une période, quand j’avais une dizaine d’années, où je ne voulais pas avoir d’enfants. Je disais que j’allais les frapper.

C’est une période où j’avais beaucoup de colère en moi, et je la répercutais sur mes poupées, en leur faisant traverser ma chambre par les airs. Evidemment, j’ai vite retrouvé la raison et depuis mes 17-18 ans, je rêvais d’avoir un enfant.

Ce n’était pas seulement une envie, mais un besoin. J’avais besoin de construire ma famille jeune, je ne pouvais pas attendre. Il m’a quand même fallu rencontrer « le bon » avant de pouvoir sauter le pas, et lui faire ouvrir les yeux sur le fait que ce n’est jamais vraiment « le bon moment », celui qu’on attend tous.

 

A mes yeux, avoir un enfant jeune n’a que des avantages: on est en meilleure forme (normalement), on sera toujours jeune quand ils seront plus vieux, et surtout, je ne vois pas la logique dans le fait de faire sa carrière AVANT d’avoir des enfants, puisqu’on la mettra sur pause ensuite. Alors qu’en ayant eu ma fille à 21 ans, j’ai encore de belles années pour profiter d’elle ET devenir qui j’ai envie d’être, avec elle, avec ma famille.

 

Ses premiers n’ont pas été faciles du tout, et même si elle a été pus que désirée, je pense que je n’étais pas préparée au choc que la naissance implique. Rajoutez à ça une belle dépression post partum, un allaitement foiré, un bébé très nerveux et qui dort VRAIMENT peu, et vous aurez mon état d’esprit des 6 premiers mois.

J’ai l’impression que notre relation a changé quand elle s’est approchée de sa première année. Je ne saurais pas dire quoi, mais j’ai l’impression de l’aimer plus fort encore, de vivre des moments de complicité, elle est plus câline, et je sais ce qu’elle a quand elle chouine.

Je n’ai plus peur de sortir seule avec elle, j’aime bien même, me dire qu’on passe un moment toutes les deux, et en cas de crise, j’arriverai bien à gérer.

 

Le questionnement principal de cet article se situe ici (oui, vous avez lu tout ça pour rien) (de rien): la maman poule en moi veut bien entendu d’autres enfants. 2, 3, on verra, mais d’autres, c’est certain. J’ai tellement aimé être enceinte, ce ventre rond, ces petits coups. J’imagine que ce sera encore plus fort pour le prochain, car je sais exactement ce qui se cache dedans, je sais à quoi m’attendre, je sais comment ce sera. Et donc, je serais plus détendue.

Le hic, en plus de ne pas être le « bon moment » (tu sais, celui qui ne vient jamais), c’est que j’ai peur que l’arrivée d’un autre bébé ne gâche cette si belle relation que j’ai avec ma poupée. J’ai peur de ne plus avoir assez de temps pour elle, de lui crier dessus quand je serais épuisée parce que « t’es la plus grande, c’est à toi de te calmer » alors que non, c’est moi qui devrait être plus calme. Mais j’ai peur aussi de ne pas aimer un autre bébé autant qu’elle. Je sais que ce sera différent, c’est normal, mais est-ce que ce sera aussi fort? Est-ce que j’arriverai à mettre ma fille de côté le temps de donner le sein, d’endormir le bébé? Est-ce que j’accepterai de la « rejeter » pour que ce bébé ait aussi la chance d’avoir une maman concentrée sur lui uniquement?

Bref, il n’est pas encore là ni même prévu, mais tout se bouscule dans ma tête: et si finalement, avoir un autre enfant, ce que j’ai toujours voulu, venait remettre ce bel équilibre en question, pour quelque chose de moins beau?

Flora l'exploratrice

Le 10 mai 2014, 22:01 dans Famille 0

Comme je vous le disais dernièrement, mon périnée endolori et moi-même avons dû nous faire admirer une nouvelle fois.

Je ne me fais pas pipi dessus quand j'éternue certes, mais j'ai toujours mal (merci aux points trop serrés).

 

J'ai donc (enfin) pris rendez-vous chez une sage-femme, apparemment plus calée (sans mauvais jeu de mot s'il vous plait) dans le domaine.

Pour m'y rendre, je dois traverser mon quartier par ses petites ruelles et sa population aussi agréable que polie. Je m'y suis fait siffler à plusieurs reprises, je ne me savais pas "trop bonne" en jean/converse, faut croire que je me sous estime. Je me suis vue attribuer le doux surnom de "pétasse" finalement, vu que je n'avais pas répondu aux sifflements attendrissants.

 

Quand je suis arrivée devant le cabinet, j'ai un peu hésité. Je me suis dit "ne fais pas ta bourgeoise, la façade est vilaine, il y a des crachats sur les vitres et un chewing-gum sur la poignée, mais l'intérieur est sûrement bien mieux. C'est un centre médical quand même, et je vais y poser ma culotte".

J'ai eu tort.

L'intérieur était peut-être pire. J'hésite entre le placard à balai et la cave aménagée. Pour vous faire une idée plus précise, la blogueuse qui sommeille en moi a pris une petite photo (l'avantage de l'image, c'est que vous n'avez pas l'odeur d'eau de Javel avec).

 

 


Après avoir attendu la demie-heure obligatoire de retard, j'ai été reçue par la sage-femme.

Elle s'appelle Marie, mais pour des raisons de confidentialité, nous l'appellerons Flora.

 

Donc, Flora et moi avons fait connaissance pendant 30 minutes. Je lui ai parlé de mon épisio, de l'hématome, de mon retour de couches et du contenu de mes intestins.

Elle m'a dit de mettre un annuaire sous mes pieds aux toilettes, et de lui faire une liste de ce que je mange sur 24 heures, pour la fois d'après.

 

Le prochain rendez-vous était une semaine plus tard. J'ai repoussé au maximum le moment de faire la liste, mais la veille, je n'avais plus le choix.

 

- 1 verre de jus d'orange

- Gâteaux + jus d'orange

- 2 barres de chocolat + 1 canette de Coca

- Quiche lorraine + Magnum + Ice tea

- Gâteaux + chocolat + eau et sirop

- Tarte aux légumes et soupe maison, crème brûlée

 

La tarte aux légumes, c'est pas vrai. Je l'ai mangée la veille mais vu que le soir de la liste, on s'était fait un mac do, je me suis dit que ça allait lui faire trop. J'avais pas envie qu'elle ait une attaque.

 

J'ai eu raison.

 

 

Le jour de la première exploration était venu. J'ai voulu détendre l'atmosphère en faisant quelques blagues mais elle ne les a pas comprises. J'avais pris soin de m'enfermer dans la salle de bain juste avant de partir, histoire de ressembler à un joli petit iroquois, mais j'ai tout raté. Je suis une artiste contemporaine.

 

Elle m'a dit de lui donner ma liste.

A chaque nouvelle ligne, je la voyais pâlir (et regarder mon ventre). A la fin, elle m'a dit "vous en pensez quoi?". J'ai dit que c'était n'importe quoi. Elle a confirmé et ajouté que c'était trop sucré et que tout se joue au moment des courses. Que je dois boire de l'eau et manger du quinoa. J'ai dit tout bas que c'était dégueulasse. Elle a entendu.

 

Je me suis installée sur la table. Comme le confort est très sommaire, je baisse ma culotte devant elle, qui fait mine de trier ses papiers pour que je ne sois pas gênée (elle a dû apercevoir ma coupe ratée).

 

 

Quand elle a mis ses doigts, ça m'a rappelé d'anciens souvenirs. Pas ceux de la veille, non, mais ceux de mon accouchement. Je me suis souvenue des dizaines de mains qui m'ont explorée. L'avantage, c'est que la pudeur, elle est loin maintenant.

 

La première fois qu'elle a dit "imaginez un pont-levis", j'ai cru que ma liste lui avait tellement fait peur qu'elle avait perdu la raison. Mais elle a répété. Je devais faire remonter le pont-levis pour fermer le château.

Soit, je suis un château.

Apparemment, je fais ça bien (qu'est-ce que je fous là?). Après 5 mouvements exécutés dans un silence remarquable, je dois fermer "les portes coulissantes". Je savais pas que j'avais tout ça là-dedans.

Je les ferme (et je la ferme) en me demandant ce qu'il va falloir que je ferme ensuite.

Rien du tout.

Maintenant que je suis tonique et que mon périnée est coopérant, je dois "faire d'un anneau une bille et l'avaler dans la grotte".

 

J'ai réussi.

 

Fière de mon fondement, j'ai remis ma culotte en prenant le prochain rendez-vous. Je me demande bien ce qu'on va faire la prochaine fois. Le manège à faire tourner? L'escalator à dérouler?

Avant de partir, elle m'a donné le nom d'une crème pour me détendre la cicatrice. Elle m'a même proposé de me masser.

 

En fait, la rééducation, c'est mieux que Body Minute.

 

 

 

Laurie, tonique du slip

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